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Il y a 40 ans, les premiers cas identifiés de Sida
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Il y a 40 ans, les premiers cas identifiés de Sida

Le 5 juin 1981 étaient décrits, pour la première fois, des cas d’une forme rare de pneumonie chez de jeunes homosexuels californiens. On parlait alors de « gay syndrome » ou de « cancer gay » pour ce qui allait devenir par la suite le syndrome d’immunodéficience acquise ou Sida. Retour sur quelques dates clés de l’épidémie.

Il y a 40 ans, le 5 juin 1981, le Morbidity and Mortality Weekly Report, le bulletin médical des centres de contrôle de maladies (CDC) aux Etats-Unis rapportait 5 cas de pneumonie atypique chez de jeunes homosexuels auparavant en bonne santé à Los Angeles. Deux d’entre eux étaient morts.

1983 : le virus isolé

Cette découverte résonne rapidement à l’international. De nombreux autres cas sont rapidement identifiés chez les homosexuels et les hémophiles. Le sida est alors surnommé « la maladie des 4 H » (homosexuels, héroïnomanes, Haïtiens, hémophiles) ou « le cancer gay ». Cette propagation mobilise rapidement la communauté scientifique qui suspecte un virus compte tenu du mode de transmission par le sang et le sperme. « Une poignée de Français réunis dans un laboratoire d’oncologie virale de l’Institut Pasteur-CNRS-Inserm, lui donnent rapidement raison : le rétrovirus de l’immunodéficience humaine est isolé dans les ganglions lymphatiques de patients et décrit en 1983. Une découverte qui vaudra à Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi le prix Nobel de médecine en 2008 », rappelle l’Inserm.

1985 : les premiers tests et premiers traitements

Cette découverte permet des avancées rapides avec la mise au point des premiers tests de diagnostic sérologique dès 1985, et du premier médicament, l’AZT, un inhibiteur de l’enzyme clé du virus, la réverse transcriptase, déjà développée en cancérologie en 1987.

1986 : adoption du nom « Hiv » (human immunedeficiency virus) et « Vih » (virus de l’immunodéficience humaine).

1987 : Grande cause nationale

Cette année est marquée par la première campagne nationale de prévention réalisée par le Comité français d’éducation pour la santé (devenu Inpes, puis Santé publique France) en partenariat avec AIDES : « Le sida ne passera pas par moi. » Des mesures fortes voient le jour comme la levée de l’interdiction de la publicité pour les préservatifs.

1996 : les trithérapies

En février 1996, une conférence médicale à Boston évoque les résultats très encourageants d’une combinaison de trois médicaments, dont une classe de molécule innovante les anti-protéases, qui réduisent drastiquement la quantité de virus chez les patients. C’est le début des trithérapies modernes qui vont sauver la vie de millions de patients dans le monde. Mais des inégalités frappent certaines régions du monde, en particulier l’Afrique subsaharienne. Et le Sida continue d’y faire des ravages.

Les années 2010 : toujours plus de prévention 

En 2012, la FDA aux États-Unis approuve le Truvada comme prophylaxie préexposition (PrEP) chez les personnes à risque élevé d’infection à VIH.

En 2017, l’Onusida révèle que près de 21 millions de personnes ont accès au traitement antirétroviral, soit plus de la moitié de celles et ceux vivant avec le VIH.

2019 : une seconde rémission

10 ans après Timothy Brown, connu sous le nom de « patient de Berlin », un deuxième patient est considéré comme guéri du Sida.  Comme son prédécesseur, il avait bénéficié d’une greffe de moelle osseuse réalisée pour traiter le lymphome de Hodgkin dont il souffrait. Petite précision : son donneur était porteur d’une mutation génétique rare et ne possédait donc pas le gène du récepteur CCR5, auquel le VIH doit s’accrocher pour infecter une cellule.

2021 : les généralistes peuvent délivrer la PrEP

Dernière nouveauté en date, depuis le 1er juin 2021 en France, tous les médecins peuvent initier directement un traitement préventif, la PrEP, destiné aux séronégatifs pour éviter le risque d’infection par le VIH. Jusqu’ici, la prescription ne pouvait se faire qu’en milieu hospitalier.

A noter : Énormément de progrès en 40 ans. Mais aujourd’hui, l’on parle beaucoup moins du Sida. Ce qui inquiète les professionnels de santé, qui observent une baisse des connaissances de la part du grand public, notamment les plus jeunes. Rappelons qu’à ce jour, le VIH demeure un problème majeur de santé publique de portée mondiale, qui a entraîné jusqu’ici près de 33 millions de décès. En 2019, 38 millions de personnes vivaient avec le VIH.

Source : Inserm – Aides

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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